Le monde s’oppose. Les entrepreneurs avancent

Quand les débats se radicalisent, ceux qui construisent deviennent peut-être les plus essentiels.

Arbitrage
4 min ⋅ 09/04/2026

La newsletter du dimanche 29 avril, dans laquelle je revenais sur mon lien avec l’agriculture, a fait… plus de bruit que prévu.

À tel point que certains d’entre vous ont été surpris de ne pas la recevoir.

En creusant, nous avons découvert un sujet plus structurel :
plus de 700 personnes ne recevaient plus la newsletter… sans l’avoir demandé.

Un signal faible, mais révélateur.

Nous avons donc pris une décision rapide : changer d’outil.

Après quelques jours de recherche, nous avons finalisé hier notre onboarding sur Kessel, ce qui me permet de vous écrire aujourd’hui, avec quelques jours de décalage, alors même que cette newsletter était prête depuis dimanche.

Entre-temps… le monde a continué d’accélérer.

J’avais initialement prévu de vous parler de Trump et du conflit iranien, en partageant une conviction assez simple :
je ne voyais pas comment il pouvait, à court terme, se sortir de ce marasme.

Et puis, comme souvent avec lui, tout a changé.

Ou plutôt… tout a basculé.

Une trêve courte.
Fragile.
Presque suspendue.

Mais ce n’est même pas cela qui m’a le plus surpris.

J’ai littéralement failli tomber de ma chaise en lisant qu’il envisageait la mise en place d’une coentreprise avec l’Iran, afin de percevoir des péages sur la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Incroyable.

Il n’en fallait pas plus pour que les marchés réagissent.

Le pétrole est reparti à la baisse.
Les indices ont rebondi.
Le soulagement, immédiat.

Et pourtant…

Tout cela semble terriblement fragile.

Parce que le conflit, lui, n’est pas réglé.
Il est simplement suspendu.

Ce qui me frappe, au-delà de la géopolitique, ce sont les conséquences très concrètes sur nos sociétés.

Des millions de personnes qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois,
et qui se retrouvent spectateurs d’un conflit qui ne les concerne pas directement…

Mais dont ils subissent immédiatement les effets : inflation, énergie plus chère, pouvoir d’achat amputé

Pour finalement revenir… à une forme de statu quo.

Il y a là un paradoxe puissant.

Celui d’un président qui s’est construit sur une promesse simple : défendre le peuple.

Et qui, par ses décisions, contribue à accentuer la fracture entre les élites et ce même peuple.

Je ne suis même pas certain que lui-même ait anticipé une telle mécanique.

Et cette séquence pourrait bien marquer un tournant.

Pas seulement pour l’équilibre géopolitique mondial.
Mais aussi, et peut-être surtout, pour la perception de son mandat par ceux qui l’ont porté.

...

Arbitrage

Par Matthieu JARRY