Les chiffres donnent le vertige.
Cette année, la France dépensera près de 77 milliards d'euros uniquement pour payer les intérêts de sa dette.
Pas pour construire des écoles.
Pas pour financer la recherche.
Pas pour moderniser notre armée.
Pas pour accompagner la transition écologique.
Simplement pour rémunérer ceux qui nous ont prêté de l'argent.
Et ce chiffre pourrait dépasser 100 milliards d'euros d'ici 2029.
Je trouve cela profondément triste.
Parce qu'au fond, une dette n'est jamais seulement une affaire de comptabilité.
C'est une affaire de liberté.
Chaque euro consacré au remboursement de la dette est un euro que l'on ne peut plus investir dans l'avenir.
Le plus frappant est sans doute notre trajectoire comparée à celle de l'Allemagne.
À la fin des années 1990, nos deux pays présentaient pratiquement le même niveau d'endettement, autour de 60 % du PIB.
Vingt-cinq ans plus tard, l'Allemagne est restée autour de 64 % quand la France dépasse désormais 115 %.
Deux pays.
Deux histoires.
Deux choix budgétaires.
Cette divergence ne s'est pas créée en une nuit.
Elle est le résultat de dizaines de décisions, parfois courageuses, parfois repoussées, souvent évitées.
Et aujourd'hui, les conséquences deviennent très concrètes.
Nous découvrons qu'un État extrêmement endetté perd peu à peu sa capacité à agir.
À chaque crise, à chaque guerre, à chaque urgence climatique ou sanitaire, il dispose de moins en moins de marges de manœuvre.
Son premier poste budgétaire n'est plus l'éducation.
Ce n'est plus la défense.
C'est sa dette.
Quel drôle d'héritage à transmettre à nos enfants.
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